Provenance des aliments : un véritable casse-tête à l’épicerie
Logos comme « Produit du Canada », « Conçu au Canada », « Aliments du Québec », illustrations de feuilles d’érables et de fleurs de lys : sur les emballages et les rayons, les messages se multiplient pour inviter les consommateurs à acheter local. Avec une certaine confusion. Au rayon des fruits et légumes, c’est assez simple. La loi est claire : il est obligatoire d’indiquer la provenance de l’aliment. Même si on peut constater des erreurs, ou encore des mentions plus floues comme Même chose pour les produits laitiers, les poissons frais, les œufs et le vin. C’est au rayon des produits transformés que ça se corse. Le site et l'application « estcecanadien.ca » ont été lancés récemment pour aider la clientèle à mieux identifier l’origine des aliments. Photo : Radio-Canada / L'épicerie Avec deux amis spécialisés en programmation, Katherine Hébert, une consommatrice avisée, s'est lancée dans la conception d'un site et d’une application pour aider la clientèle à mieux identifier l’origine des aliments : « estcecanadien.ca ». Elle s'attendait à ce que ce soit simple, mais elle a vite réalisé que même l’intelligence artificielle a ses limites. En analysant des centaines de produits, elle a constaté : La soupe aux pois Habitant est « conçue au Canada », mais c'est un produit des États-Unis.
Photo : Radio-Canada / L'épicerie L’épicerie a ainsi constaté, notamment, que la mélasse Grandma affichant une feuille d’érable et la mention Pour Ottawa, il existe deux mentions officielles : Sur Internet, les listes des entreprises qui ne sont pas canadiennes pullulent. Mais parfois, comme Kraft ou Heinz, un produit de marque américaine peut être fabriqué au Canada. Ce n'est pas nécessairement écrit sur l'emballage. Le reportage de Caroline Lacroix à ce sujet sera présenté à l'émission L'épicerie diffusée mercredi à 19 h 30 (HAE) sur ICI Télé. L’organisme Option consommateurs a d'ailleurs reçu plusieurs plaintes au sujet de la réglementation sur l’origine des produits. Sara Eve Levac, analyste et avocate chez Options consommateurs, constate le problème et plaide pour plus de transparence. En France, comme dans tous les pays de l'Union européenne, on a adopté un règlement en 2014 pour simplifier et clarifier l'étiquetage des aliments. La loi exige la plus grande transparence possible et, surtout, a pour objectif de ne jamais induire les consommateurs en erreur. Pour ce produit « Fabriqué en France », le fabricant doit indiquer que les écorces d'oranges viennent d'Italie. Photo : Radio-Canada / L'épicerie Un exemple : une entreprise qui indique que son produit est fabriqué en France est obligée de spécifier aux consommateurs si certains ingrédients viennent d'ailleurs. Un gâteau à l’orange devra, par exemple, spécifier que l’agrume vient d’Italie. Autre exemple : une sauce à la tomate qui se dit d’Italie devra préciser l’origine exacte des tomates si elles ne sont pas italiennes. Dans le même esprit, une loi existe en Australie. Ça pourrait être un exemple dont on pourrait s'inspirer au Canada pour mieux informer les consommateurs. On peut voir les logos « Aliment du Québec » et « Aliment préparé au Québec » sur plus de 25 000 produits dans la province. Photo : Radio-Canada / L'épicerie Dans la Belle province, les logos Aliments du Québec valide la provenance des produits élevés, cultivés, mais aussi transformés dans la province. Et de plus en plus de compagnies québécoises souhaitent être certifiées. Toujours critère numéro 1 des consommateurs : combien ça coûte? Particulièrement en hiver, il semble difficile de croire qu’acheter local est plus économique. L’épicerie a fait le test : le panier d’une quinzaine de produits de base d’origine québécoise a coûté 19 % de moins que son panier équivalent constitué de produits importés venant d'ailleurs. Une étude de l’Université Dalhousie, en partenariat avec Aliments du Québec, le confirmait en 2023 : provenance : États-Unis/Mexique
.Le défi d’une application

À quel point [ce produit] est-il canadien? Est-ce qu'il est 100 % canadien? Est-ce qu'il est fabriqué ici, conçu ici, puisque la compagnie qui le produit est aussi canadienne? Ou est-ce qu'on tombe dans une zone où la manufacture est peut-être faite ici, mais la compagnie qui possède justement le produit en question est plutôt internationale?

Fièrement canadien
est en fait un produit du Guatemala. Et que la soupe aux pois Habitant, conçue au Canada
, faite de pois provenant de fermes canadiennes, est un produit des États-Unis.Produit du Canada
et Fait (fabriqué) au Canada
. La première assure que 98 % du coût total de production est engagé au Canada. La seconde le promet à au moins 51 %.Pour nous, ça serait important d'uniformiser l’étiquetage, que j'achète un légume ou un produit transformé qui est importé. Que ces deux produits puissent me permettre de savoir d'où ils viennent, quel est leur pays d'origine, quand je fais mon choix à l'épicerie.
Plus de transparence à l’étranger

Si le produit est, par exemple, transformé en Australie avec des ingrédients qui proviennent de l'étranger, il va afficher une barre de gradation sur le produit pour indiquer le pourcentage d'ingrédients australiens
, explique Sara Eve Levac d’Options consommateurs.L’exemple québécois

Aliment du Québec
et Aliment préparé au Québec
se multiplient sur les étagères. Plus de 25 000 produits sont ainsi certifiés par L’organisme Aliments du Québec.On ne peut pas demander au consommateur de tout connaître et de devenir un expert, dit sa directrice générale Isabelle Roy. Donc, c'est pour ça que nous, on a mis des processus en place pour dire aux consommateurs : vous pouvez vous appuyer sur ces marques-là.
Avec le contexte actuel, je dirais que c'est plus intense, constate Isabelle Roy. On sent la demande de vérification de produits de la part des entreprises. Ça a quadruplé dans les dernières semaines. On voit les visites sur notre site Internet, ça a doublé ces dernières semaines.
La question du prix
Faire le choix d’acheter localement ne coûtera pas plus cher au consommateur québécois la majorité du temps
, peut-on y lire.
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